Publié le 29 septembre 2026 dans Blog > Films anti chaleur

Architectes et maîtrise d’œuvre : intégrer les films pour vitrage dès la conception, face aux exigences de confort d’été

Architectes et maîtrise d’œuvre : intégrer les films pour vitrage dès la conception, face aux exigences de confort d’été

Façades très vitrées, étés plus chauds, exigences réglementaires renforcées sur le confort d'été : la gestion des apports solaires est devenue un sujet central de la conception tertiaire. Brise-soleil, stores, vitrages à contrôle solaire… et films pour vitrage. Ces derniers sont souvent vus comme une correction après coup. Utilisés au bon endroit, ils sont pourtant un outil de conception à part entière, en particulier en rénovation. Voici un point technique, sans survente, pour savoir où ils ont leur place dans vos projets.

Le contexte : le confort d'été au cœur de la réglementation

Pour les permis de construire déposés depuis le 1er juillet 2022, la RE2020 s'applique aux constructions neuves de bureaux et de bâtiments d'enseignement primaire et secondaire. Elle a été étendue, pour les permis déposés à partir du 1er mai 2026, à de nombreux autres bâtiments tertiaires (commerces, hôtels, établissements de santé, équipements sportifs, enseignement supérieur…).

Parmi ses indicateurs, le DH (degrés-heures d'inconfort) mesure l'inconfort estival, calculé sans climatisation. Pour les bureaux de catégorie 1, le seuil maximal de base est fixé à 1 150 °C.h, et à 900 °C.h pour l'enseignement de catégorie 1 ; ces seuils sont relevés dans les zones climatiques les plus chaudes (H2d, H3) et pour la catégorie 2. Le Bbio, qui évalue la conception bioclimatique, intègre lui aussi les apports solaires. Le facteur solaire des baies (Sw) et les protections solaires pèsent donc directement sur la conformité du projet.

En rénovation, la réglementation thermique « élément par élément » impose de son côté, pour les fenêtres et façades-rideaux installées ou remplacées dans les bâtiments non résidentiels, un facteur solaire Sw ≤ 0,35 (hors orientation nord ou baie masquée).

Côté exploitation, le décret tertiaire impose aux bâtiments accueillant au moins 1 000 m² d'activités tertiaires de réduire leur consommation d'énergie finale de 40 % d'ici 2030 par rapport à une année de référence (ou d'atteindre un seuil en valeur absolue) : limiter le recours à la climatisation devient un levier concret.

Ce qu'un film peut apporter, et ce qu'il ne peut pas

Soyons précis, car c'est ce qui permet une prescription juste.

Ce que le film apporte :

  • une réduction du facteur solaire du vitrage existant, mesurable selon la norme EN 410:2011 (le fabricant fournit les valeurs de transmission lumineuse et de facteur solaire pour des configurations de vitrage types) ;
  • un effet immédiat sur l'éblouissement et le filtrage des UV (jusqu'à 99 %) ;
  • pour les films à faible émissivité, une amélioration du coefficient U du vitrage existant ;
  • des fonctions complémentaires : retenue des éclats, confidentialité, occultation, décoration ;
  • une mise en œuvre en site occupé, sans dépose ni reprise de menuiserie, et réversible.

Ce qu'il faut garder en tête :

  • en construction neuve, la performance solaire se définit d'abord au niveau du vitrage d'usine (couches de contrôle solaire) et des protections mobiles. La prise en compte d'un film rapporté dans le calcul réglementaire RE2020 n'est pas un cas standard : elle est à valider au cas par cas avec le bureau d'études thermiques ;
  • un film fixe réduit les apports solaires en été, mais aussi (dans une moindre mesure) les apports gratuits en hiver, contrairement à une protection mobile ;
  • la pose d'un film n'est pas visée par les exigences de la réglementation thermique « élément par élément », qui portent sur les menuiseries installées ou remplacées. Le film ne se substitue donc pas à une mise en conformité lorsque celle-ci est requise.
Immeuble de bureaux récent à grandes surfaces vitrées

Où le film trouve naturellement sa place dans vos projets

1. En rénovation tertiaire, comme solution de première intention

C'est le cas d'usage le plus fort. Sur un bâtiment existant dont les menuiseries sont saines, le film permet de traiter les apports solaires sans intervention sur l'enveloppe : pas de dépose, pas de reprise d'étanchéité, pas d'autorisation d'urbanisme dans la plupart des cas. Pour un maître d'ouvrage sous contrainte budgétaire, c'est souvent la seule option réaliste à court terme. Notre article film solaire ou remplacement de vitrage détaille cet arbitrage.

2. En complément ciblé sur un projet neuf

Certaines zones posent des problèmes spécifiques qui ne justifient pas un changement de vitrage sur toute la façade : un angle très exposé à l'ouest, une verrière zénithale, un atrium, une salle informatique, des postes de travail face aux baies. Le film permet un traitement localisé, ajusté après la livraison, une fois les usages réels connus.

3. En correction après réception

Plaintes d'inconfort, surchauffe dans certains bureaux, éblouissement sur les écrans : ces problèmes apparaissent souvent la première année d'exploitation. Le film offre une réponse rapide, sans remettre en cause le parti architectural.

4. Pour les fonctions autres que thermiques

Sécurité des personnes sur les vitrages à hauteur d'enfant, retenue des éclats, confidentialité des cloisons, signalétique et marquage des parois vitrées : ces besoins sont souvent traités tardivement, alors qu'un film peut y répondre dès la conception, en cohérence avec l'architecture intérieure.

Préserver l'intention architecturale

La crainte la plus fréquente des architectes est l'effet sur l'aspect de la façade. Les gammes actuelles couvrent tous les besoins :

  • films spectralement sélectifs, quasi invisibles, qui filtrent les infrarouges en conservant une forte transmission lumineuse ;
  • films neutres ou légèrement teintés, pour réduire l'éblouissement ;
  • films réfléchissants, à l'aspect miroir, pour les façades où l'effet est recherché ou acceptable ;
  • films extérieurs, lorsque la pose intérieure est impossible ou pour réduire davantage les apports.

Pour un bâtiment situé en secteur protégé ou soumis à l'avis de l'architecte des Bâtiments de France, un film modifiant fortement l'aspect extérieur (effet miroir notamment) doit être anticipé.

Façade de bâtiment à grande baie vitrée cintrée

Les points techniques à intégrer dans la prescription

  1. Compatibilité verre/film : le risque de casse thermique dépend de l'absorption solaire du film et du verre, du type de verre (plus élevé sur verre recuit, nul sur verre trempé), de ses dimensions, du type de cadre et des ombres portées. Une analyse est indispensable avant de figer une référence.
  2. Données de performance : exiger du fabricant les valeurs de transmission lumineuse, de facteur solaire et de U pour la configuration de vitrage réelle du projet, et non pour un verre clair générique.
  3. Garanties : garantie fabricant sur le film, conditions de la garantie en cas de casse thermique, garantie de pose.
  4. Phasage : la pose intervient en fin de chantier, sur vitrages propres, une fois les travaux poussiéreux terminés.
  5. Entretien : consignes de nettoyage à transmettre à l'exploitant (produits non abrasifs, pas de raclette métallique sur le film).

Pour aller plus loin sur les grandeurs et les données à exploiter, consultez notre guide technique des films solaires pour bureaux d'études.

Cas type : réhabilitation d'un plateau de bureaux des années 1990

Pour illustrer la démarche, prenons un cas fréquent : un immeuble de bureaux des années 1990, doubles vitrages clairs en bon état, façades est et ouest très vitrées, climatisation vieillissante et plaintes récurrentes des occupants en été. Le maître d'ouvrage engage une réhabilitation intérieure (aménagement, éclairage, CVC) sans toucher aux façades.

Dans ce contexte, le traitement des apports solaires par film s'intègre naturellement au projet :

  • en phase diagnostic, relevé des types de vitrages et analyse de compatibilité, pour exclure dès le départ les vitrages à risque ;
  • en phase conception, choix d'un film sélectif sur les façades est et ouest pour limiter les apports sans assombrir les plateaux, et éventuellement d'un film plus performant sur les zones les plus exposées ;
  • en phase dimensionnement CVC, prise en compte de la réduction des apports solaires dans les hypothèses du BET, à partir des données du fabricant pour la configuration réelle ;
  • en fin de chantier, pose des films après les travaux poussiéreux, avant l'emménagement.

Le film ne remplace ni une conception bioclimatique ni des protections mobiles lorsqu'elles sont possibles. Mais sur un bâtiment existant dont on ne modifie pas l'enveloppe, il est souvent le seul levier réaliste sur les apports solaires.

Ce qu'il faut prévoir au CCTP

Pour éviter les approximations en consultation, le lot « films pour vitrage » gagne à préciser :

  • la fonction attendue par zone (contrôle solaire, low-E, sécurité, occultation, décoration) ;
  • les performances minimales : transmission lumineuse, facteur solaire, et le cas échéant coefficient U et classe de sécurité, pour la configuration de vitrage du projet ;
  • l'exigence d'une analyse de compatibilité verre/film fournie avant exécution ;
  • la garantie du fabricant et ses conditions, y compris en cas de casse thermique ;
  • les conditions de pose : vitrages nettoyés, travaux poussiéreux terminés, délai de séchage avant nettoyage ;
  • la fourniture des fiches techniques et d'une notice d'entretien pour le DOE.

Travailler avec Concept Teinte

Nous accompagnons les architectes, maîtres d'œuvre et bureaux d'études en amont des projets : visite de site, préconisation argumentée, fourniture des fiches techniques et des données de performance, analyse de compatibilité verre/film, puis pose par nos équipes. Nous travaillons avec les films 3M et intervenons depuis l'ouest lyonnais sur toute la France.

Découvrez nos films anti-chaleur, nos films isolants et nos films techniques spécifiques, ou appelez-nous au 04 74 72 53 86.

Questions fréquentes

Un film solaire est-il pris en compte dans le calcul RE2020 ?

Ce n'est pas un cas standard. En construction neuve, la performance solaire est portée par le vitrage d'usine et les protections mobiles. La prise en compte éventuelle d'un film rapporté est à valider avec le bureau d'études thermiques. Le film est surtout un outil de rénovation et de correction.

La pose d'un film est-elle soumise à la réglementation thermique des bâtiments existants ?

Non. Les exigences « élément par élément » portent sur les menuiseries et protections installées ou remplacées. La pose d'un film sur un vitrage existant n'y est pas visée.

Un film modifie-t-il l'aspect de la façade ?

Cela dépend de la gamme : certains films sont quasi invisibles, d'autres réfléchissants. En secteur protégé, un film modifiant l'aspect extérieur doit être anticipé avec les autorités compétentes.

Quelles données techniques pouvez-vous fournir ?

Les fiches techniques des films, les valeurs de transmission lumineuse, de facteur solaire et de U pour des configurations de vitrage types, et une analyse de compatibilité pour les vitrages du projet.


Vous travaillez sur un projet tertiaire neuf ou en rénovation ? Contactez Concept Teinte pour une préconisation technique et les données nécessaires à votre dossier.


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