Publié le 29 septembre 2026 dans Blog > Films anti chaleur

Rénovation tertiaire : guide technique des films solaires pour les bureaux d’études thermiques

Rénovation tertiaire : guide technique des films solaires pour les bureaux d’études thermiques

Les films pour vitrage apparaissent de plus en plus dans les programmes de rénovation tertiaire, notamment pour traiter le confort d'été et réduire les besoins de climatisation. Pour les préconiser correctement, un bureau d'études a besoin de données exploitables, et de savoir lesquelles ne le sont pas. Ce guide rassemble les grandeurs à manipuler, les normes de référence, les ordres de grandeur réels et les points de vigilance, avec un objectif : prescrire juste, sans surestimer ni sous-estimer ce que peut apporter un film.

Les grandeurs à maîtriser

Grandeur Définition Norme de calcul
TL (transmission lumineuse) part de la lumière visible (380-780 nm) transmise par le vitrage EN 410:2011
g (facteur solaire) rapport entre l'énergie solaire totale entrant dans le local (transmission directe + réémission) et l'énergie incidente EN 410
Ug coefficient de transmission thermique au centre du vitrage (W/m².K) EN 673:2024
Uw coefficient de la fenêtre complète, menuiserie comprise EN ISO 10077-1:2017
Sw facteur solaire de la baie entière (vitrage, menuiserie, protections) utilisé dans les calculs réglementaires règles Th-Bat
Émissivité (ε) capacité de la surface à émettre du rayonnement infrarouge ; environ 0,84 pour un verre sans couche EN 12898:2019

Deux normes concernent spécifiquement les films : EN 15752-1:2014 (caractéristiques du film adhésif) et EN 15755-1:2014 (verre revêtu d'un film adhésif).

Autre indicateur utile, publié par la plupart des fabricants : la sélectivité (rapport TL/g). Plus elle est élevée, plus le film filtre la chaleur en préservant la lumière naturelle. Les films dits « spectralement sélectifs » sont conçus pour maximiser ce rapport.

Comment lire les données d'un fabricant

Les performances d'un film ne s'expriment jamais seules : elles sont données pour un couple film + vitrage. Les fabricants publient généralement des valeurs pour quelques configurations types (simple vitrage clair de 6 mm, double vitrage clair, double vitrage teinté…).

Trois précautions :

  1. Vérifier la configuration de référence. Un film n'aura pas le même effet sur un double vitrage déjà équipé d'une couche de contrôle solaire que sur un double vitrage clair. Demandez les valeurs pour la configuration la plus proche du bâtiment étudié.
  2. Vérifier la convention de calcul. Certaines valeurs de U publiées par les fabricants suivent des conventions nord-américaines (NFRC/ASHRAE), différentes des règles Th-U françaises. Elles ne sont pas directement transposables dans un calcul réglementaire.
  3. Considérer les valeurs comme indicatives. Les fabricants eux-mêmes présentent leurs chiffres comme des mesures de laboratoire illustratives, sans engagement de performance in situ.
Mesure et contrôle des performances d'un vitrage équipé de film dans un bureau

Ordres de grandeur réels

Films de contrôle solaire

Selon la gamme, un film solaire posé en intérieur sur un simple vitrage clair rejette environ 50 % de l'énergie solaire pour les films les plus transparents (TL ≈ 70 %), autour de 60 % pour des films plus teintés (TL ≈ 40 %), et davantage pour les films réfléchissants, au prix d'une transmission lumineuse plus faible. Sur double vitrage clair, ces valeurs sont nettement plus basses (≈ 40-50 %). Tous bloquent la quasi-totalité des UV (jusqu'à 99 %).

Films à faible émissivité

Exemple d'un film low-E de référence (3M Thinsulate Climate Control 75, émissivité 0,14), d'après les mesures publiées par le fabricant selon EN 410 :

Configuration TL g U Réduction des déperditions
Simple vitrage clair seul 89 % 0,82 5,9 –
Simple vitrage clair + film 74 % 0,53 3,6 environ 40 %
Double vitrage clair seul 79 % 0,70 2,6 –
Double vitrage clair + film 66 % 0,51 2,0 environ 23 à 26 %

Le résultat dépend fortement des coefficients d'échange superficiel retenus pour une face intérieure à basse émissivité : il faut donc recalculer la valeur avec la méthode réglementaire applicable et documenter les hypothèses retenues dans la note de calcul.

Valeurs de référence des vitrages (Ug)

Vitrage Ug indicatif (W/m².K)
Simple vitrage 5,8
Double vitrage à l'air 4/6/4 3,3
Double vitrage à l'air 4/12/4 2,9
Double vitrage à l'air 4/16/4 2,7
Double vitrage isolation renforcée argon 1,0 à 1,1
Triple vitrage 0,6 à 0,7

Le risque de casse thermique

C'est le principal point de vigilance technique. En absorbant une partie du rayonnement solaire, le film augmente la température du verre. Si la différence de température entre le centre du vitrage (chauffé) et ses bords (pris dans la feuillure, plus froids) devient trop importante, le verre peut se fissurer.

Le risque dépend de :

  • l'absorption solaire du couple film + verre (critère principal) ;
  • le type de verre : nul sur verre trempé, très improbable sur verre durci, plus élevé sur verre recuit (float) ;
  • l'épaisseur, la teinte ou la couche du verre ;
  • les dimensions du vitrage et le type de cadre (les cadres massifs ou en béton refroidissent davantage les bords) ;
  • les ombres portées partielles (auvent, bâtiment voisin, store intérieur proche du vitrage) ;
  • l'état du vitrage : un vitrage isolant dont le joint a déjà lâché, un verre écaillé sur ses bords.

Cas qui nécessitent systématiquement une étude : verres de 8 mm et plus, verres armés ou texturés, pose partielle du film, double couche de film, cadres béton. Les fabricants proposent une analyse de contrainte thermique réalisée via leurs poseurs agréés : exigez-la dans le cahier des charges.

Autres points à intégrer

  • Condensation : un film low-E limite les échanges radiatifs avec le local, ce qui abaisse la température de surface du vitrage. La condensation peut donc augmenter côté intérieur, notamment dans les locaux humides, et, sur double vitrage, sur la face extérieure. Le fabricant déconseille la pose sur des fenêtres qui condensent déjà.
  • Apports gratuits d'hiver : un film de contrôle solaire fixe réduit aussi les apports solaires en hiver. Sur une façade sud d'un bâtiment à fort besoin de chauffage, le bilan annuel doit être évalué, pas seulement le gain d'été.
  • Orientation : l'intérêt d'un film solaire est maximal sur les façades est, ouest et sud, faible au nord.
  • Pose intérieure ou extérieure : un film extérieur rejette la chaleur avant qu'elle ne traverse le verre et réduit davantage les apports, mais sa durée de vie est plus courte que celle d'un film intérieur.
  • Durée de vie : de l'ordre de 10 à 15 ans pour un film intérieur, avec des garanties fabricant pouvant aller jusqu'à 15 ans selon la gamme.
  • Réglementation : la pose d'un film n'est pas visée par les exigences de la réglementation thermique « élément par élément » des bâtiments existants, qui portent sur les menuiseries installées ou remplacées. Sa prise en compte éventuelle dans un calcul RE2020 n'est pas un cas standard et doit être justifiée au cas par cas.
Façade de bâtiment aux vitrages réfléchissants exposés au soleil

Méthode de préconisation recommandée

  1. Diagnostic des vitrages : type, composition, épaisseur, présence de couches, état des joints, dimensions, cadres.
  2. Analyse des usages et de l'orientation : postes de travail exposés, surchauffe constatée, éblouissement, besoins d'éclairage naturel.
  3. Choix du film sur la base des données TL / g / U pour la configuration réelle, en arbitrant entre rejet de chaleur et lumière naturelle.
  4. Analyse de compatibilité verre/film pour chaque type de vitrage.
  5. Évaluation du gain : simulation thermique dynamique ou estimation sur la base des consommations de climatisation, en restant prudent sur les hypothèses.
  6. Mesure après pose si nécessaire : relevés de température et retours d'occupants.

Exemple de fiche de préconisation

Une préconisation exploitable par un BET tient sur une page par type de vitrage. Elle comprend :

Rubrique Contenu
Vitrage existant composition, épaisseurs, type de verre (recuit, trempé, feuilleté), couches éventuelles, dimensions maximales, type de cadre
Film proposé référence, fabricant, pose intérieure ou extérieure, épaisseur
Performances TL, g, U et réduction des UV pour la configuration la plus proche, avec la source et la norme de calcul
Compatibilité résultat de l'analyse de contrainte thermique, réserves éventuelles
Garanties durée et conditions, y compris en cas de casse thermique
Mise en œuvre phasage, délai de séchage, consignes d'entretien

Ce format permet de comparer plusieurs films sur une base homogène et de tracer les hypothèses retenues dans la note de calcul.

Ce que nous fournissons aux bureaux d'études

Concept Teinte accompagne les BET et maîtres d'œuvre sur les projets de rénovation tertiaire : fiches techniques des films 3M, données de performance pour les configurations de vitrage du projet, analyses de compatibilité, préconisations argumentées et pose. Consultez nos films anti-chaleur, nos films isolants low-E et nos films spécifiques, ou appelez-nous au 04 74 72 53 86.

Pour les enjeux côté conception architecturale, voir aussi notre article destiné aux architectes et maîtres d'œuvre.

Questions fréquentes

Quelle est la différence entre facteur solaire g et Sw ?

Le facteur solaire g caractérise le vitrage seul (EN 410). Le Sw caractérise la baie entière, menuiserie et protections comprises, et c'est lui qui est utilisé dans les calculs réglementaires.

Les valeurs de U des fabricants de films sont-elles utilisables dans un calcul réglementaire ?

Pas directement. Certaines suivent des conventions de calcul nord-américaines. Il faut recalculer selon la méthode réglementaire applicable, à partir de l'émissivité et de la composition du vitrage.

Sur quels vitrages le risque de casse thermique est-il le plus élevé ?

Sur les verres recuits (float) de grande dimension, épais, teintés ou à couche, dans des cadres massifs, et en présence d'ombres portées partielles. Il est nul sur le verre trempé.

Un film low-E augmente-t-il la condensation ?

Oui, il peut l'accentuer : la surface du vitrage devient plus froide, ce qui favorise la condensation côté intérieur dans les locaux humides (et côté extérieur sur double vitrage). Le fabricant le déconseille sur des fenêtres qui condensent déjà.


Vous travaillez sur une rénovation tertiaire et avez besoin de données pour votre note de calcul ? Contactez Concept Teinte pour recevoir les fiches techniques et une préconisation adaptée.


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