Publié le 29 septembre 2026 dans Blog > Films sécurité

Film anti-explosion : dans quels cas est-il obligatoire ou recommandé ?

Film anti-explosion : dans quels cas est-il obligatoire ou recommandé ?

Lors d'une explosion, ce n'est souvent pas l'onde de choc elle-même qui blesse les occupants d'un bâtiment voisin, mais le verre des fenêtres, projeté vers l'intérieur. Le film anti-explosion (ou anti-souffle, « anti-blast ») répond précisément à ce risque. Mais quand est-il réellement imposé, quand est-il seulement conseillé, et à quelles conditions protège-t-il vraiment ? Voici ce que disent les textes et les guides officiels.

Ce que fait un film anti-explosion, et ce qu'il ne fait pas

Un film anti-explosion (on parle aussi de film anti-blast, film anti-souffle ou film anti-déflagration) est un film de sécurité épais, en polyester multicouche, collé sur la face intérieure du vitrage. Sous l'effet d'une surpression, le verre casse, mais les fragments restent collés au film, qui se déforme, absorbe une partie de l'énergie et limite fortement la projection d'éclats.

Trois points à retenir :

  • le film n'empêche pas le verre de casser. Au lieu d'une pluie d'éclats, on obtient une membrane de verre fissuré qui reste en place ou tombe près de la fenêtre ;
  • le film seul ne suffit pas. Face à un souffle, il doit être ancré au cadre, faute de quoi le panneau vitré entier peut être arraché et projeté ;
  • son efficacité a des limites : elle dépend de l'intensité de la surpression, des dimensions du vitrage, du type de verre et de la solidité de la menuiserie.

Le cas où il peut être imposé : les PPRT autour des sites Seveso

Le cadre : la loi du 30 juillet 2003

La loi n° 2003-699 du 30 juillet 2003, dite « loi Bachelot », adoptée après la catastrophe d'AZF à Toulouse, a créé les plans de prévention des risques technologiques (PPRT). Élaborés autour des établissements classés Seveso seuil haut, ils délimitent des zones exposées à des effets thermiques, toxiques ou de surpression.

Pour la surpression, les seuils de référence sont fixés par un arrêté du 29 septembre 2005 :

Surpression Signification réglementaire
20 mbar seuil des effets indirects par bris de vitres sur l'homme
50 mbar seuil des effets irréversibles
140 mbar seuil des premiers effets létaux
200 mbar seuil des effets létaux significatifs

Dans la zone 20 à 50 mbar, le principal danger pour les occupants vient donc des vitrages. C'est là que le film anti-explosion trouve naturellement sa place.

Pour les logements : des travaux prescrits, plafonnés et aidés

Pour les logements existants, le PPRT peut prescrire des travaux de protection, à réaliser dans un délai de onze ans après l'approbation du plan, ou avant le 1er janvier 2027 si le plan a été approuvé avant 2016 (article L515-16-2 du Code de l'environnement). Pour les plans les plus anciens, l'échéance est donc toute proche. Le coût obligatoire est plafonné au plus petit de ces montants : 10 % de la valeur vénale du bien ou 20 000 € (articles L515-16-2 et R515-42).

Ces travaux prescrits bénéficient d'un financement spécifique : un crédit d'impôt de 40 % (article 200 quater A du Code général des impôts, pour les dépenses payées jusqu'au 31 décembre 2026 dans sa rédaction actuelle, dans la limite de 20 000 € de dépenses par logement, pour une résidence principale ou un logement loué en résidence principale), complété par les participations de l'industriel à l'origine du risque et des collectivités. Au total, le dispositif peut couvrir jusqu'à 90 % du coût. Il ne concerne que les travaux prescrits par le PPRT et réalisés conformément au diagnostic, pas les travaux simplement recommandés : renseignez-vous auprès de votre mairie avant de vous engager.

Pour les entreprises, ERP et bâtiments publics : une obligation d'une autre nature

Depuis une ordonnance du 22 octobre 2015, les PPRT ne peuvent plus prescrire de travaux sur les biens autres que les logements. Pour les locaux d'activité, commerces, ERP ou bâtiments publics, l'administration informe les propriétaires, gestionnaires et exploitants du type de risque, de sa gravité, de sa probabilité et de sa cinétique, afin qu'ils mettent en œuvre « leurs obligations en matière de sécurité des personnes, dans le cadre des réglementations qui leur sont applicables ».

Autrement dit, aucun article n'impose « un film » à un bureau ou à un ERP en zone de surpression. Mais l'employeur doit évaluer les risques et protéger ses salariés, et l'exploitant d'un ERP répond de la sécurité du public. Le cahier de recommandations du PPRT indique les mesures conseillées. Le renforcement des vitrages exposés est l'une des premières à étudier : il est simple à mettre en œuvre et traite la principale source de blessures dans cette zone.

Vitrage éclaté par une onde de choc : sans film ni ancrage, les éclats de verre deviennent des projectiles

Ce que disent les guides techniques : quand le film suffit

L'INERIS a publié en 2009 un guide pratique sur les fenêtres en zone de surpression 20-50 mbar, complété en 2022 par une foire aux questions de l'assistance technique PPRT (Cerema-INERIS). Conçus pour les maisons individuelles comme pour les bâtiments d'activité, ils sont la référence pour les fenêtres standards en zone de surpression.

La pose par simple adhérence n'est pas acceptée. Seules sont retenues la fixation mécanique (baguettes métalliques vissées au cadre) ou chimique (mastic structurel ou silicone reliant le film au châssis), sur les quatre côtés. La simple adhérence n'est tolérée qu'en dernier recours, pour réduire l'exposition sans garantir la tenue du vitrage.

Le film doit être de haute performance. Le guide cite par exemple : allongement à la rupture d'au moins 140 %, produit épaisseur × contrainte à la rupture d'au moins 0,03 MPa.m, et un classement minimum 3b selon le protocole GSA (vitrage recuit de 6 mm de 1,6 × 1,3 m soumis à 275 mbar). Une homologation particulière n'est pas exigée si ces caractéristiques sont respectées.

Les dimensions comptent. Des tableaux donnent la largeur maximale admissible selon le vitrage (simple vitrage de 4 mm ou double vitrage 4/16/4 filmé), la zone (20-35 ou 35-50 mbar), le type d'explosion et l'orientation de la façade. Un grand simple vitrage filmé peut ne pas suffire, là où un double vitrage de taille courante, filmé et ancré, conviendra.

Certains supports ne se filment pas. Le verre armé et les pavés de verre doivent être remplacés. À l'inverse, un simple vitrage ni feuilleté ni filmé est considéré comme vulnérable quelles que soient ses dimensions.

La démarche est graduée : si le vitrage tient, rien à faire ; sinon, film anti-explosion s'il suffit ; sinon, remplacement du vitrage par un verre résistant ; sinon, remplacement de la fenêtre.

Au-delà de 50 mbar : quand le film n'est plus la réponse

Plus l'intensité augmente, plus le diagnostic englobe la menuiserie entière : châssis, fermetures, fixation dans le mur, portes. Les guides traitent aussi la zone 50-140 mbar, avec des solutions plus lourdes, et au-delà de 140 mbar une modélisation spécifique est nécessaire. Le film peut alors compléter la protection de certains vitrages, mais il ne remplace pas un vitrage feuilleté (de préférence posé côté intérieur, selon l'INERIS) ou une menuiserie conçue pour résister.

Nous le disons clairement : face à de fortes surpressions ou avec des menuiseries vétustes, un film ne rendra pas une fenêtre fragile résistante. Il faut une étude spécialisée et, le plus souvent, un remplacement.

Hors PPRT : bâtiments sensibles et analyse de risque

En dehors des PPRT, aucun texte général n'impose de film anti-explosion. Il relève de l'analyse de risque du maître d'ouvrage, souvent conduite avec un référent sûreté ou un bureau d'études : bureaux et salles de contrôle des sites industriels selon l'étude de dangers, bâtiments publics exposés à une menace malveillante, ERP très fréquentés dans un contexte de menace élevée. Le cahier des charges fixe alors une norme d'essai de référence.

Les normes d'essai à connaître

Norme Principe Ce qu'il faut savoir
GSA TS01 / ASTM F1642/F1642M-25 (États-Unis) essai de la fenêtre complète (verre, film, ancrage, cadre) sous onde de souffle ; niveaux GSA 1 à 5 (dont 3a et 3b), niveaux de danger nommés pour l'ASTM référence retenue par le guide INERIS (minimum 3b)
EN 13541:2012 (Europe) essai au tube à choc, classes ER1 à ER4 vise surtout les vitrages ; ER1 démarre à 50 kPa de pression réfléchie, soit 500 mbar, bien au-delà des zones PPRT courantes
ISO 16933:2007 essai en arène, avec charge explosive réelle utilisé pour les bâtiments exposés à une menace terroriste

Un résultat d'essai ne vaut que pour la combinaison testée (verre, dimensions, ancrage). Un devis sérieux précise le film, le système d'ancrage et l'essai de référence.

Vitre brisée dont les fragments restent maintenus en place par un film de sécurité

Film anti-explosion ou vitrage feuilleté : comment arbitrer

Le choix dépend du niveau de surpression et de l'état des vitrages. Pour une présentation détaillée de nos solutions, voir notre page film anti-explosion pour vitrage.

Situation Solution généralement adaptée
Zone 20-50 mbar, vitrages sains dans les dimensions des tableaux INERIS film haute performance ancré (mécanique ou chimique)
Grands vitrages hors tableaux étude au cas par cas, souvent remplacement du vitrage
Verre armé, pavés de verre, survitrage vétuste remplacement
Menuiseries dégradées ou fermetures fragiles remplacement de la fenêtre
Zone supérieure à 50 mbar étude spécialisée ; feuilleté ou menuiserie résistante, film en complément

Quand il est adapté, le film garde de vrais atouts : pose en site occupé, sans dépose, pour un coût bien inférieur à un remplacement. À noter : l'adhésif d'un film de sécurité atteint sa pleine résistance après environ deux mois (60 jours selon 3M pour les films de 100 à 200 microns).

Notre accompagnement

Nous posons des films de sécurité depuis plus de 15 ans pour des administrations, des collectivités, des forces de l'ordre et des industriels. Pour un projet anti-explosion, nous procédons en trois temps :

  1. Analyse des documents : règlement et cahier de recommandations du PPRT, étude de dangers ou cahier des charges sûreté, pour connaître l'intensité à considérer.
  2. Relevé sur site : nature et épaisseur des verres, dimensions, état des menuiseries, possibilités d'ancrage.
  3. Préconisation honnête : film anti-souffle 3M avec ancrage quand il répond à l'objectif, orientation vers un remplacement quand il ne suffit pas.

Découvrez nos films anti-explosion, nos films de sécurité et nos films de sécurité renforcée, ou lisez notre guide film anti-effraction, sécurité classique ou renforcée. Pour un ERP, consultez aussi les obligations des ERP et des écoles en matière de vitrages et notre fiche technique pour BET et coordonnateurs SPS. Vous pouvez aussi nous appeler au 04 74 72 53 86.

Questions fréquentes

Le film anti-explosion est-il obligatoire dans une zone PPRT ?

Pas en tant que tel : le PPRT fixe un objectif de protection. Pour les logements, des travaux peuvent être prescrits, et le film ancré fait partie des solutions reconnues en zone 20-50 mbar quand il suffit. Pour les entreprises et ERP, le PPRT ne prescrit plus de travaux depuis 2015, mais l'exploitant reste responsable de la sécurité des personnes.

Existe-t-il des aides pour les travaux de renforcement PPRT ?

Oui, pour les logements dont les travaux sont prescrits par le PPRT : crédit d'impôt de 40 % pour les dépenses payées jusqu'au 31 décembre 2026, plus les participations de l'industriel et des collectivités, jusqu'à 90 % au total. Les locaux professionnels et ERP ne relèvent pas de ce dispositif.

Un film posé sans ancrage protège-t-il d'une explosion ?

Il limite la dispersion des éclats, mais ne garantit pas la tenue du vitrage : le panneau entier peut être projeté. C'est pourquoi le guide INERIS ne retient que les poses avec fixation mécanique ou chimique sur les quatre côtés.

Quel est le prix d'un film anti-explosion pour vitrage ?

Il dépend moins du film que de sa mise en œuvre : type et épaisseur du film, surface et dimensions des vitrages, et surtout système d'ancrage (cordon de mastic structurel ou profilé mécanique), qui représente une part importante du chantier. Un film anti-explosion ancré reste en général nettement moins coûteux qu'un remplacement par un vitrage anti-explosion, mais seul un relevé des vitrages permet un chiffrage fiable.

Quelle norme demander pour un film anti-souffle ?

Pour un projet PPRT, le guide INERIS se réfère au protocole GSA, avec un classement minimum 3b. Pour un bâtiment sensible, le cahier des charges peut viser GSA/ASTM F1642/F1642M-25, EN 13541 ou ISO 16933. Demandez toujours la configuration exacte de l'essai.

Le film anti-explosion change-t-il l'aspect des fenêtres ?

Il existe en version transparente. Seul l'ancrage reste visible : un fin cordon de mastic ou un profilé le long du cadre.


Votre bâtiment est situé en zone PPRT ou exposé à un risque d'explosion ? Demandez une étude à Concept Teinte : nous vous dirons si un film ancré suffit ou si un remplacement s'impose.


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